Elise Bertrand – Sinfonietta pour cordes, Op.13

Création de la Sinfonietta pour cordes :

Orchestre de Douai Région Hauts-de-France
Jean-Jacques Kantorow, direction
Benoît Duvette, réalisation
21 mars 2021, Auditorium Dutilleux du Conservatoire de Douai

Andante soave : 1:40
Toccata : 6:22

Elise Bertrand – Âme de Nuit, Op.12 (Adèle Charvet, Théo Fouchenneret)

« Nouveaux Horizons »
Live de la création, 17-10-2020
Grand théâtre d’Aix-en-Provence

Âme Chaude – Maeterlinck : [0:39]

Ô mes yeux que l’ombre élucide
À travers mes désirs divers,
Et mon cœur aux rêves ouverts,
Et mes nuits dans mon âme humide !

J’ai trempé dans mon esprit bleu
Les roses des attentes mortes ;
Et mes cils ont fermé les portes
Sur des vœux qui n’auront plus lieu.

Mes doigts aux pâles indolences
Élèvent en vain, chaque soir,
Les cloches vertes de l’espoir
Sur l’herbe mauve des absences.

Et mon âme impuissante a peur
Des songes aigus de ma bouche,
Au milieu des lys que j’attouche ;
Éclipse aux moires de mon cœur !…

La Nuit – Claude Roy : [3:55]

Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit
A pas de vent de loup de fougère et de menthe Voleuse de parfum impure fausse nuit
Fille aux cheveux d’écume issus de l’eau dormante

Après l’aube la nuit tisseuse de chansons
S’endort d’un songe lourd d’astres et de méduses
Et les jambes mêlées aux fuseaux des saisons
Veille sur le repos des étoiles confuses

Sa main laisse glisser les constellations
Le sable fabuleux des mondes solitaires
La poussière de Dieu et de sa création
La semence de feu qui féconde les terres.

Mais elle vient la nuit de plus loin que la nuit
A pas de vent de mer de feu de loup de piège
Bergère sans troupeaux glaneuse sans épis
Aveugle aux lèvres d’or qui marche sur la neige.

Nuits de juin – Victor Hugo : [7:21]

L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.

Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

Élise Bertrand – Trois Mélodies pour soprano et piano Op .9 ( Emmanuelle Demuyter/ Élise Bertrand)

Soprano : Emmanuelle Demuyter
Piano et composition : Élise Bertrand
Poésies : Paul Eluard

© Judith Carpentier-Dupont, son
© Julien Hanck-Yu, photographie

Ta bouche aux lèvres d’or:

Ta bouche aux lèvres d’or n’est pas en moi pour rire
Et tes mots d’auréole ont un sens si parfait
Que dans mes nuits d’années, de jeunesse et de mort
J’entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde

Dans cette aube de soie où végète le froid
La luxure en péril regrette le sommeil,
Dans les mains du soleil tous les corps qui s’éveillent
Grelottent à l’idée de retrouver leur coeur

Souvenirs de bois vert, brouillard où je m’enfonce
J’ai refermé les yeux sur moi, je suis à toi,
Toute ma vie t’écoute et je ne peux détruire
Les terribles loisirs que ton amour me crée.

J’ai fermé les yeux: (3:04)

J’ai fermé les yeux pour ne plus rien voir
J’ai fermé les yeux pour pleurer
De ne plus te voir.

Où sont tes mains et les mains des caresses
Où sont tes yeux les quatre volontés du jour
Toi tout à perdre tu n’es plus là
Pour éblouir la mémoire des nuits.

Tout à perdre je me vois vivre.

Ordre et désordre de l’amour : (5:17)

[…]

Je suis sur terre y serais-je
Si tu n’y étais aussi

Dans ce bain qui fait face
A la mer à l’eau douce

Dans ce bain que la flamme
A construit dans nos yeux

Ce bain de larmes heureuses
Dans lequel je suis entré
Par la vertu de tes mains
Par la grâce de tes lèvres

[…]

Nos silences nos paroles
La lumière qui s’en va
La lumière qui revient
L’aube et le soir nous font rire

Au cœur de notre corps
Tout fleurit et mûrit

[…]